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Chaman Art Visonnaire


C'est un témoignage intime du parcours initiatique d'un homme ordinaire qui creuse la question du vivant et de ses réalités.
Entre clairvoyance, voyages méditatifs, expériences mystiques, cérémonies et rituels, chamanisme, réflexions philosophiques, étude autour de la guérison, outils thérapeutiques, échanges d'information, poésies, art, …, cet homme élevant la transparence de l'être en principe fondateur, montre la voix au dépassement de l'ego et du mental — se libérant des entraves individuelles socio-éducatives pour se dissoudre dans l'Amour Absolu, là où les limites spatio-temporelles disparaissent —. Trouver et manifester son être essentiel afin de matérialiser la dimension spirituelle dans la chair est fondamental pour l'humanité et la planète.
L'éternel infini vibre au son du néant éblouissant en sa tête inversée. Il participe à l'harmonie universelle et à l'intensification de la lumière joyeuse des rires des enfants du cosmos.

Nous vous souhaitons une bonne lecture!

Pour des consultations, contacter Bruno Planchon au 03.24.35.47.81.

 

 

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Mardi 11 octobre 2005

L'esprit voit au delà des apparences...

par Pélane publié dans : chamanartvisionr
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Lundi 3 octobre 2005
 Journal d’un JEÛNE CHAMANIQUE ET SOUFI
2004-08-24

 Je suis au deuxième jour de jeûne chamanique et soufi. Pendant ce jeûne je fais une expérience particulière. Des feuilles et des écorces amazoniennes m’ont été fournies par un certain R. Je garde son anonymat pour des raisons de sécurité.

J’ai commencé par faire une fumigation sur l’Aroshacha en y ajoutant des incantations pour saluer et entrer en relation avec l’esprit de l’Aroshacha et en faire ensuite une infusion pour la boire lundi 23 en fin de journée et préparer la nuit qui vient. Précisons que je diète le sel depuis 3 jours, avant le début du jeûne. J’en suis donc à mon 5ème jours de régime sans sel. R m’a précisé que le sel était l’ennemi des esprits des plantes.

Cette suppression de sel m’ouvre plus rapidement la vision du corps éthérique et de l’aura. En aparté, l’adjonction outrancière de sel dans notre société de consommation m’amène à émettre une hypothèse : plus on rend le peuple aveugle, plus il est facile de le contrôler. Le sel (ainsi que le sucre d’ailleurs) en quelque sorte empêche les gens de percevoir la réalité de notre environnement, monde extraordinaire et universel. Plus un homme est ouvert à l’univers, au grand tout, moins il est manipulable et donc productif et utile à notre société capitaliste où les enjeux tournent irrémédiablement autour de la performance productiviste et l’enrichissement personnel… Revenons à nos moutons amazoniens ! La feuille d’Aroshacha est en quelque sorte une porte sur le monde onirique. Elle permet d’accéder dans les rêves, à l’esprit de l’arbre — selon R, c’est un esprit guérisseur… 

Entrons dans le vif du sujet. Cette nuit, j’ai rêvé d’une tribu — placée en chœur et en paliers donnant un spectacle — qui chantait avec un rythme vocal simple et binaire sur lequel de nombreux bruits vocaux venaient enrichir le rituel. Puis, je me suis trouvé nez à nez avec un indigène qui tenait un arc sans flèches. [(l’homme bande l’arc-yin pour donner la force conquérante et guerrière de la flèche-yang : il n’y a pas la force masculine symbolisée par la flèche. Peut-être que l’origine se trouve dans l’initiation faite il y a quelque temps. La problématique sexuelle est réglée et le chien — symbole sexuel et agressif masculin — se trouve désormais en arrière de l’homme qui arpente le monde. L’image de l’arcane Le Mât du tarot de Marseille illustre cette initiation. Je ne suis plus troublé par les désirs sexuels. La flèche est désormais celle du Sagittaire orientée vers le ciel. Dans le rêve, son absence exprime donc sa transcendance.)] Il montra la manière dont il tendait l’arc. Il raccourcit la corde en tournant l’arc autour avec une technique impressionnante. Je ressentais déjà la grande force qu’il fallait pour tendre l’arc dans sa configuration initiale, mais là ça me paraissait devenir impossible… c’est pourtant ce que fit cet homme primitif aux muscles saillants et à la stature imposante. Je voulus lui montrer que j’avais la force du souffle (j’avais dis d’ailleurs auparavant à une personne qui assistait aussi au spectacle que les chants me faisaient penser aux pratiques soufies), mais celui-ci avait du mal à sortir. Je pris alors sa main droite et la posa sur mon plexus solaire pour qu’il me donne sa force… J’avais un sentiment africain. Je sentais l’Afrique dans mon corps. La danse et les chants étaient en mon être…  

 

D’ailleurs, je me demande pourquoi une plante amazonienne m’a mis en relation avec une tribu africaine. Peut-être que l’Afrique est une culture qui est en moi depuis longtemps déjà, et que c’est elle qui peut me guider vers l’esprit guérisseur de l’Aroshacha. Ce grand indigène noir est peut-être l’esprit guérisseur (le grio). Les chants et les arcs sans flèches sont là pour m’initier à ce que je dois travailler (en moi) pour atteindre la force primitive (originelle). Pour trouver la force, je dois accorder la tension de ma corde intérieure — c’est ce qui correspond à ce qu’on peut sentir entre l’apophyse xiphoïde et le pubis. C’est cette corde aponévrotique et fibreuse qui joue un rôle majeur dans le souffle soufi quand je fais la danse du souffle par exemple. 

 

Le soufisme vient d’Afrique, c’est pourquoi probablement j’ai eu à faire à cette tribu. J’ai en moi cette marque culturelle qui communique en mon tréfonds les messages des enseignements soufis.  

 

2004-08-25  

 

Je me trouve dans un endroit ou une salle de spectacle où une conférence circulaire est en train d’avoir lieu. Je suis spectateur. Une personne que je connais bien est avec moins (j’ai écrit moins au lieu de moi comme si cela exprimait qu’elle est une partie de moi en moins car à l’extérieur, donc observatrice). Il y a un homme en face de nous. Je crois qu’il est écrivain. En fait, il fait des démonstrations de comédie. Il se dédouble et se détriple en utilisant des ustensiles sommaires et des vêtements en un rien de temps, afin de montrer qu’il est possible d’être un tout en étant trois. Il crée un personnage qui fait semblant de ne pas être là, mais qui fouille les poches (cherche les secrets !) d’un des deux autres personnages… je suis stupéfié par la capacité de ce homme à créer visuellement trois vies distinctes et autonomes à partir de lui. Ca me renvoie au travail de comédien et de marionnettiste. Il est peut-être les deux à la fois… Je me rapproche de la scène en faisant attention de ne pas gêner les autres spectateurs. Et là je me dis que je serais bien assistant de magicien, que ce serait déjà bien pour moi… Je suis assis à présent sur une chaise dans un cercle avec d’autres gens. Un homme âgé qui fait des tours de prestidigitation demande si quelqu’un veut bien être le cobaye pour une séance d’hypnose. Je lève la main et c’est vieille femme qui me demande si j’ai déjà été hypnotisé ou si je pratique l’auto-hypnose. Je réponds oui pour l’auto-hypnose. Elle me dit que je la prévienne si ça ne va pas pendant l’expérience. Elle prend alors des objets, s’approche de moi et me renverse la tête en arrière et tente de me mettre des gouttes dans les yeux, mais celles-ci tombent à côté — je me dis qu’elle est trop vieille pour faire de la magie — je regarde l’œil grand ouvert la goutte qui ne veut pas entrer dans mon œil gauche. Un goût amer me fait craché dans le mouchoir que je jette au sol. Ca y est, une goutte de ce sérum entre dans l’œil. Et là, c’est le trou noir. Plus de son, plus d’image. Je me réveille dans un lit. Un personnage qui a les trait de ma mère tient un dessin dans la main. Je lui demande ce qui s’est passé. Ce que la vielle femme magicienne m’a fait, sachant qu’à présent je la considère comme un sage et un maître. En guise de réponse, ma mère me dit que la vieille femme a vu mon dessin et qu’elle en a conclu à une évolution spirituelle très élevée, selon les structures circulaires et ondulatoires (comme des ondes partant d’un point central). Des points focaux organisent le dessin. Le dessin n’est fait que d’ondes imbriquées les unes dans les autres où l’on peut percevoir la forme d’un corps surplombé par quatre disques aux multiples sillons, et qui sont les uns sur les autres (une tête au-dessus de laquelle il y a quatre disques qui représentent probablement des centres énergétiques, des chakras). Ma mère dit que ça l’étonnerait que j’en sois déjà au quatrième disque. Je lui dis : « Non, non ! » pensant que le premier disque et le deuxième sont d’ores et déjà intégrés.(le chakra racine et sacré ; qu’il me reste à intégré le chakra solaire et du cœur pour atteindre à ma complétude, sachant que le but de mon âme est d’atteindre l’amour inconditionnel et universel ; d’où seulement la présence de quatre disques). Puis je me réveille dans mon lit. 

 

Un sentiment étrange me tient. Le rêve et la réalité se mélange. Je m’éveille dans mon rêve et dans la réalité. Je vois des choses dans la réalité de ce que j’ai vécu hier comme si c’était un rêve ; au sens où tout devient signes et symboles. Je comprends que l’hypnose est un processus qui permet d’entrer de plain-pied dans la réalité. Je comprends que la capacité d’entrer dans une conscience plus grande (modifiée) tient à la qualité de se concentrer sur une sensation à la fois. Et que cette concentration extrême et légère ouvre la porte aux ombres de Platon (cf. L’Allégorie de la caverne). Aller au-delà des apparences, sortir de l’illusion pour accueillir en soi les messages de la réalité qui communiquent sans cesse avec soi et le Soi. Tout est communication et lien. Plus de scission entre le monde onirique et le monde réel, la nuit et le jour sont éveil et conscience. 

 

Je rêve que je vis la réalité. Je réalise que je vis un rêve. La rêvalité  rejoint le rêve alité, mais le lit est vertical. Je passe de l’horizontal à la verticale. La rêvalité procède donc d’une verticalisation de la conscience, qui ouvre l’humain à la dimension universelle du vivant où il n’y a ni dedans ni dehors, ni haut ni bas, ni début ni fin. Une circulation-communicative-évolutive-infinie s’exerce partout et nulle part à la fois.  

 

2004-08-31

Je suis sorti du jeûne dimanche en fin d’après-midi. Des activités diverses ont fait que je n’ai pu me concentrer sur les effets précis de la griffe de chat faite en infusion et bue les vendredi et samedi soirs.

Dimanche après-midi, je travaille sur l’ouverture du diaphragme et du plexus solaire en explorant une vague d’air poumons pleins et en suspens, créant une houle de bas en haut (allongé sur le dos avec un coussin dur sous le dos pour ouvrir davantage le diaphragme ; les bras ouverts, paumes vers plafond, reposent de chaque côté légèrement au dessus des oreilles ; les jambes sont ouvertes également). La dilatation complète des poumons en partant du bas ventre passant par le dos, le plexus solaire, le torse, la nuque et la tête produit une forte énergie dans le corps. L’acte qui consiste à faire monter et descendre cette charge a produit une perte de repère et un basculement de la conscience. J’arrête là l’expérience que je ne contrôle plus. La conséquence et que quelques temps après, un point douloureux s’est fait sentir au fond du palais, tellement fort qu’il me donne des haut-le-cœur. Je le presse avec l’index pour faire circuler l’énergie. Ca y est, c’est mieux, mais la sensation est toujours là — d’ailleurs à l’instant où j’écris elle est toujours présente, avec une nouveauté : la partie droite et postérieure du palais est enflée et très sensible… comme si mon hémi-cerveau gauche avait gonflé.

Après cela, je ne prête plus attention à ce point même s’il est toujours présent. Le dimanche soir, vers minuit je vais chercher des escargots pour les manger le lundi. Incroyable. A peine sorti de chez moi, je trouve des dizaines d’escargot. Je rentre à mon appartement. Il est 2h du matin. Je prépare les escargots en leur mettant du sel pour les dégorger comme on dit par chez nous. Je ne sais pas si vous avez déjà entendu crier les escargots, mais là c’était impressionnant. Je leur demande encore pardon. Par la suite, vous prendrez la mesure de cette phrase apparemment au deuxième degré.

Le lendemain, lundi donc, je me lève sans rêves significatifs. Je prépare les escargots, je les cuis (en les remerciant de me nourrir et de me donner leur énergie) et je les vide de leurs viscères et excréments. 150, on les sent passer ! Enfin,  je fais une petite préparation maison et les fais revenir à la poile avec différents condiments. Je vous dis pas l’odeur. J’en salive encore. Bon, le repas se passe normalement. Je reprends mes activités sur mon ordinateur quand des visions d’escargot commencent à entrer et sortir de mon front. Je vois distinctement la bouche, les yeux, le corps et la coquille. Je vois des petits, des gros qui remplissent ma tête… Je me dis que quelque chose est entrain de se passer en moi. Je laisse donc les choses se faire et reste attentif. J’ai donc continué mon travail.

Il est 21h. C’est nuit de pleine lune. Je monte dans la salle où j’explore les merveilles du corps et de l’esprit. Je m’allonge sur le dos en étoile et je ferme les yeux (bras et jambes écartés). J’effectue des rotations au ralenti avec la tête. Je vois déjà la présence d’escargot en moi. Je me sens un escargot. Les visions d’humains défilent devant mon œil intérieur. Différentes peuplades se succèdent. Je ne saurais les distinguer, mais j’ai réellement l’impression de voyager à travers l’espace et le temps. En même temps que je vis l’expérience j’analyse la situation et essaie de la com-prendre. Je vois les images en contre-bas, comme l’escargot que je suis. Je me dis que cet animal préhistorique est en train de me transmettre la mémoire des choses qu’il a vu ; en l’occurrence, la succession des civilisations.

Ensuite, je constate que selon l’orientation de ma tête je vais dans des environnements différents. Les couleurs, les sons, les rythmes et les images prennent racines ailleurs. En tournant la tête à gauche, je vois plus un univers humain, tandis qu’à droite j’entre dans un environnement plus naturel, dans lequel je rencontre beaucoup de végétaux et des serpents qui glissent partout sur les arbres et en moi.

Je change mon point de vue pour explorer les implications. Je veux voir avec plus de précision les choses. J’utilise alors une vision focale, ce qui a pour effet d’annuler l’image mais pas sa trace rétinienne — il reste quelque chose dans l’œil comme si ce que je voyais me venait de l’extérieur… d’ailleurs il continue à avoir du mouvement, des personnages, des silhouettes, des apparences claires-obcures…

Cette fois, je mets une intention au niveau du front. Des personnages m’apparaissent comme dans une boule de cristal au niveau du troisième œil. Ce sont des sorciers, des grios, des chamanes en train d’exercer leur pouvoir.

En continuant l’expérience, les mouvements et la mobilité deviennent de plus en plus importants. Tout mon corps est une sensation, une énergie pleine et entière. Les images accompagnent chaque cellule de mon être. Oui, je sens la force de vie qui circule en moi et hors de moi. Je suis assis et oscille et ondule avec la colonne vertébrale. Je sens et vois que ça bouge. Quelque chose reste fixe cependant dans le corps. J’aperçois une espèce de mât intérieur qui remplace ma colonne avec des couleurs et une peau de serpent. Sa verticalité et sa force donnent le repère de ma position dans l’espace.  

 

Je suis debout et comprends la vision intérieure des maîtres en art martiaux. C’est comme si je pouvais voir et perce-voir grâce au corps tout entier l’environnement sans ouvrir les yeux physiques. Je fais des mouvements rapides. Je sens le corps qui se déplace dans toutes les dimensions de son espace et de l’espace. Aucune partie n’est dissociée d’une autre. J’expérimente alors le souffle (soufi) et lance un hhhhrrréééé !!!! d’une puissance impressionnante.  

 

Je sors de l’expérience. Il est minuit. Ca a duré 3h. 

 

Nous sommes le mercredi 22 septembre 2004. Je viens décrire un phénomène nocturne qui s’est déroulé il y a quelques jours. Je me lève durant la nuit vers 4h. Dans mes yeux se projettent des formes géométriques lumineuses kaléidoscopiques. Les formes sont essentiellement triangulaires et en losanges. En y repensant il y a même une corrélation évidente entre ce que je percevais et la peau d’un serpent. Les couleurs étaient vives et sombres à la fois. D’autres perceptions rétiniennes se sont formées ensuite. Je précise que mes yeux sont fermés quand je suis assis sur la lunette des toilettes — assis sur la lunette je vois un serpent à sornettes !  

Des scintillements (comme des étoiles) apparaissent dans un réseau de ramifications (comme des synapses). J’ai l’impression d’une part de voir ce qui se passe dans mon cerveau et d’autre part d’avoir des yeux de mouche qui perçoivent une multitude d’information à la fois (en fait, c’est la représentation que j’en ai.).  

Ce genre de phénomène perceptif rétinien s’est déjà produit lors de périodes intenses de travail pictural artistique. A la différence du phénomène décrit plus haut, j’effectue une procédure volontaire et consciente. Dans le noir absolu, les yeux fermés, avec un temps suffisamment long pour ne plus avoir d’empreintes rétiniennes d’images du jour (1 à 2h), je regarde dans mes yeux ce qui s’y passe. C’est une période d’ailleurs qui a beaucoup influencé mes premiers tableaux abstraits. Les premières manifestations sont lumineuses, géométriques et kaléidoscopiques relativement simples. Ensuite en allant plus profondément dans l’œil, les structures se complexifient et deviennent plus denses. La troisième phase est marquée par l’observation d’un point lumineux tout petit (que je situerais au niveau de la fovéa). La difficulté est de la garder à vue afin de pouvoir entrer dedans. Une fois que j’ai pu entrer dans cette étoile étincelante, c’est un univers galactique qui s’est offert à mon regard intérieur. Comme j’ai dit alors : « Un jour j’ai fermé les yeux et je suis tombé dans l’univers infini. » En effet les images galactiques mouvantes ne cessaient de défiler devant mon esprit béa. Tous mes repères étaient bouleversés, au point que j’ai eu à un moment donné l’impression de basculer dans le cosmos intérieur… ce qui me fit remonter rapidement par peur de perdre pied avec la terre…

 J’ai retrouvé le texte que j’ai écrit après cette expérience.

 Une nuit…

 Une nuit, regardant dans mes yeux, je suis tombé dans l'univers. Toute la création était là, au fond de l'oeil. Au fur et à mesure des couches géométriques et électriques, des formes lumineuses dynamiques se transformèrent en des dixaines de galaxies, de super novas, de trous noirs, de voies lactées… jusqu'à me sentir basculer de l'autre côté des étoiles. Là, plus de limite, mon dedans appartenait désormais à l'infini. Vertige de l'aspiration du noir d'où jaillissent les formes cosmiques; de l'observation à l'inversion, la chute de l'esprit m'emmena vers des espaces encore vierges de toute technologie. Mais la sensation de me perdre m'empêcha d'aller plus loin dans l'expérience. Je remonta d'un seul coup de l'obscurité comme asphyxié par l'inconnue immensité…  

 

Dans le déchiffrage de la matière humaine, il y a les cryptes du cosmos. 

Dans les cris de l'âme, il y a l'expansion de l'univers.  

Dans l'expression du mort vivant, il y a l'effroi du clair de lune. 

Dans l'expiration rendeuse d'âme, il y a le sourire de l'étoile.

Dans la poussière d'étoile, il y a la traînée de vie.

 Dans la traînée de vie, il y a le chuchotement des sages.

 Dans le chuchotement de sages, il y a la légèreté de l'être.

 Dans la légèreté de l'être, il y a l'amour de vivre.               29.12.00

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Pélane publié dans : chamanartvisionr
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