L’aliénation commence avec la foi en son point de vue. Mes expériences ne sont en aucune manière garantes d’une quelconque vérité ou réalité. Ce ne sont que des expériences qui me permettent d’appréhender les mondes des formes et des illusions. Les gens sont malades des illusions ou des croyances qu’ils se créent eux-mêmes. « Oh mon dieu je vois des choses extraordinaires, je fais des expériences tellement fortes qu’elles sont forcément vraies ou réelles. » C’est le début de l’aliénation et du fanatisme mental. Je crois en ce que je perçois. Mes expériences sont vraies. Rien de tout cela est vrai. Ce n’est qu’un point de vue très limité du petit humain que je suis. Quelque soient mes expériences, si j’y crois, c’est que je suis convaincu qu’elles sont vraies ; par voie de conséquence elles alimentent des croyances qui fondent mon point de vue. D’ailleurs, mes croyances influencent mes expériences au point de m’avoir fait croire par moment que ce que je vivais en terme d’initiation mystique était la vérité ou la réalité. Le danger de me convaincre que ce que je vis est vrai est de me rendre soit dogmatique, soit intolérant, soit fanatique ou encore sectaire. Rien de ce que je vis n’est vrai ou réelle, ce n’est que l’expérience de ce qui n’est pas définissable ni contrôlable. Rien n’existe en dehors des illusions. Rien n’existe en dehors des croyances. Le mental avec ses certitudes crée la prison aux illusions en nous empêchant d’expérimenter la vie non duelle par essence. Rien n’est vrai au faux, rien n’est beau ou laid, rien n’est bon ou mauvais au-delà des apparences. Quand une personne sollicite mon aide, je me positionne en dehors de toute attente ou projection, je laisse l’inconnu et l’innommable agir à travers moi. Même cela je n’y crois pas, car ça serait prétendre que je suis connecté à l’inconnu ou l’innommable. Et cela fait encore parti de la croyance. Aujourd’hui mes croyances ont disparu. Elles ont laissé place à une absence de sens et de cadre. Je suis comme un tableau vierge sur lequel viennent se dessiner la croyance ou les illusions maladives de mes clients auxquelles j’adhère le temps du traitement. Ainsi j’utilise les croyances des personnes pour qu’elles se soignent elles-mêmes de croyances nocives. Comment pourrais-je dire à une personne qui croit être malade que sa maladie résulte du procès des illusions ? Impossible. Il faut partager la réalité illusoire de la personne pour qu’elle se sente en confiance pour pouvoir lui faire croire une autre croyance qui sera plus efficace et confortable dans son quotidien.
Cette pensée donne un pouvoir absolu et illimité sur ma vie. Puisque je ne crois plus en la réalité de mes expériences, je peux les vivre pleinement sans plus aucune peur. J’ai conscience également de la toute puissance de la croyance. Ce en quoi je crois crée la réalité que je vais vivre. La croyance détermine mon expérience. Le fait de ne plus croire en mes expériences m’ouvre à tous les possibles. Je peux partager toutes les réalités et croyances avec les gens sans jamais être prisonnier d’aucune.
Concrètement, je ne sais rien, ne connais rien, ne crois plus, ne suis rien, … absence totale, vide sidéral, vertigineuse liberté où tout est possible …